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Comment je suis devenu végane en un an

En lisant des témoignages de véganes sur internet ou en échangeant IRL avec certain-e-s, j’ai très vite compris une chose : le cheminement qui mène à devenir végane peut être très différent d’un-e végane à l’autre. Certain-e-s ont à un moment donné une révélation, comme une illumination logique succédant à une réflexion plus ou moins longue, et deviennent véganes d’un seul coup. Pour d’autres cela se fait par étapes, en changeant leurs habitudes de vie au fur et à mesure que le raisonnement évolue dans leur tête, et cela peut durer des jours, des mois, voire des années. Finalement, la façon dont se fait cette transition a beaucoup moins d’importance que sa finalité : s’opposer à toutes les formes d’exploitation animale en devenant végane.

Une transition vers le véganisme « par étapes »

J’ai mis un an à devenir végane. Je suis passé par diverses étapes, et j’ai finalement été au bout du cheminement qui a finit par me convaincre de refuser toutes les formes d’exploitation animale. Il y a une chose qui est devenue très claire pour moi assez récemment : être végétarien-ne est loin d’être une finalité. Si vous lisez ce témoignage en espérant y trouver des éléments qui vous aideront dans votre transition vers le véganisme, sachez que personne n’est parfait-e et que le véganisme n’a pas vocation à la perfection. En réalité, c’est une question de cohérence qui touche à nos valeurs personnelles et aux efforts que nous sommes prêt-e-s à faire pour vivre en accord avec nos convictions. C’est une idée qui peut prendre du temps avant d’être claire dans nos esprits, c’est pourquoi je vous encourage vivement à continuer sur votre lancée, et ce quelque soit votre stade de réflexion sur le sujet ! Je suppose que vous manifestez un intérêt pour la question sans quoi vous auriez déjà arrêté votre lecture… Félicitations, vous avez sans doute déjà fait le principal sans le savoir. 🙂 J’espère que mon témoignage vous convaincra d’aller plus loin !

J’ai délibérément choisi de me concentrer principalement sur la question de l’alimentation, bien que le véganisme soit un mode de vie impactant de nombreux autres éléments du quotidien. Ma volonté n’est pas de « réduire » cet engagement à la seule dimension de l’assiette, mais je pense que c’est un facteur « bloquant » pour beaucoup de personnes et que c’est sur ce sujet que sont véhiculées le plus de contre-vérités. Aussi, j’espère que mon exemple permettra à chacun-e de prendre conscience que ce choix est à la portée de tou-te-s. Si je n’avais qu’une seule chose à vous dire à ce stade, ce serait sans doute que n’importe qui peut devenir végane avec un peu de volonté. J’en étais moi-même très loin, et pourtant…

(Presque) personne ne naît végane

Si cela peut paraître évident, il est essentiel de s’en rappeler à chaque instant lorsque l’on aborde ce sujet. Personnellement, j’étais à mille lieues de devenir végane il y a quelques années, et ce fut une énorme surprise pour toutes les personnes qui m’ont cottoyé lorsque j’étais étudiant d’apprendre que j’étais devenu végane.

Mon ancienne vie très très carniste... Beurk

J’ai rencontré Cheyma il y a 3 ans. À l’époque je ne savais pas ce que signifiait « végane », et Cheyma était d’ailleurs la première végétalienne que je rencontrais dans la vraie vie. Mon seul référentiel à ce sujet était les JTs qui se risquaient parfois à nous parler de personnes en marge de la société, vivant dans des villages presque imaginaires et se nourrissant exclusivement de graines et de légumes. Je venais tout juste de quitter le domicile familial et comme la majorité des étudiants célibataires vivant seuls, je mangeais n’importe quoi. Mon alimentation tournait autour des burgers, des pizzas, des kebabs, des fast-foods, des croque-monsieurs et autres sandwichs que je préparerais grâce au super toaster que m’avait offert ma sœur (mon amour pour les sandwichs n’a d’ailleurs pas changé à l’heure actuelle, et le toaster s’avère toujours aussi utile). Mes listes de courses se composaient systématiquement de : charcuterie, steaks hachés, nuggets, poisson pané, fromages, crème fraîche, sauces, féculents. Bref, j’étais très loin d’être végane…

Si je n’imaginais pas adopter ce mode de vie, j’avais tout de même une certaine admiration pour la démarche – sans réaliser pour autant à quel point elle avait du sens. Même si l’idée de ne pas exploiter et faire souffrir les animaux me paraissait LOGIQUE, elle n’était pas suivie par une action concrète. L’alimentation végétarienne m’avait toujours parue plus cohérente, mais je n’avais jamais envisagé de remettre en question mon mode de vie pour autant.

Ce sujet n’avait jamais été une préoccupation dans ma famille ou mon entourage : j’avais toujours évolué dans un milieu carniste et je trouvais cela « normal ». Quant à l’exploitation animale dans sa globalité, j’étais loin de m’en soucier.

Définition : « Carniste »

Est carniste tout-e individu justifiant la consommation de chair animale par les humain-e-s. Le carnisme est une idéologie selon laquelle il est considéré comme éthique, normal ou nécessaire de consommer certains animaux et de les élever dans ce but.

J’avais pourtant bien conscience que manger de la viande impliquait la souffrance et la mort d’animaux, et ce depuis mon jeune âge – mes grand-mères ne s’étaient jamais cachées pour préparer les poulets ou les lapins du jardin qui finissaient dans nos assiettes le soir. Je n’ai jamais été du genre « viandard », mais j’avais l’habitude de composer mes repas sur le modèle viande + féculents/légumes/légumineuses et je ne voyais pas bien comment faire autrement. Je n’y connaissais rien en nutrition, mais cela me paraissait être LA BASE. Si l’on avait eu le malheur de me servir un repas composé uniquement de l’un ou de l’autre, j’aurais crié au scandale et invoqué toutes les idées reçues que j’avais sur ce que doit être un « repas équilibré ».

Le fait de rencontrer une personne végane m’a fait prendre conscience du problème de l’exploitation animale de manière globale. Il ne s’agit pas uniquement de la viande qu’on mange, mais réellement de notre rapport de domination et d’appropriation des animaux comme notre propriété. Je n’ai pas pour autant changé du jour au lendemain, mais j’ai découvert des idées que j’ignorais et qui m’ont fait réfléchir. La notion d’anti-spécisme par exemple, m’a immédiatement parue très logique. D’ailleurs, j’avais toujours été dérangé par les personnes qui s’outraient à l’idée que l’on puisse manger du cheval ou du lapin mais qui n’avaient aucun problème à engloutir leur steak. Selon moi faire souffrir/tuer un animal revenait au même, qu’il s’agisse d’un poisson, d’une vache ou d’un chien. Le fait de considérer certaines espèces plus exploitables/mangeables que d’autres me paraissait absurde, question de cohérence.

Définition : « Spéciste »

Le spécisme est la considération morale supérieure accordée par les humain-e-s à leur propre espèce. Est spéciste toute personne considérant que les animaux ont moins de valeur morale que les humain-e-s et que certaines espèces animales valent mieux que d’autres. Par exemple, le fait de considérer certains animaux comme « de compagnie », d’autres « de bouche » ou « d’élevage », et d’autres « nuisibles ».

Paradoxalement, j’étais encore trop fataliste pour comprendre qu’il ne tenait qu’à moi de ne plus cautionner ces idées, en agissant concrètement. Le fait d’aborder ce sujet avec Cheyma m’a permis de réaliser qu’il y avait une vraie question de société derrière notre alimentation, une question de justice sociale. Cela a également changé ma vision sur ce que je mangeais : à chaque repas que je partageais avec Cheyma je ne pouvais m’empêcher de penser à l’origine de mon assiette et de lui poser tout un tas de questions sur l’ampleur des nuisances causées par mon alimentation. Je n’étais pas prêt à changer, mais cela a créé un contexte de culpabilité me poussant à réfléchir. C’est selon moi un facteur primordial pour amorcer une remise en question.

Prendre conscience de notre pouvoir : l’impact des choix quotidiens

Peu après ma rencontre avec Cheyma, je suis devenu Community Manager au sein d’une marque bio, impliquée dans une démarche écologique globale et engagée contre l’huile de palme. Mon travail me poussait donc à faire de la veille sur des sujets environnementaux et à promouvoir un mode de vie plutôt écolo. Après quelques semaines et plusieurs articles sur les ravages de l’huile de palme et de la déforestation, j’ai commencé à changer. J’ai troqué mes canettes de soda contre des jus de fruits et mes gels douches contre des savons naturels, je me suis mis à regarder systématiquement la liste d’ingrédients des produits que j’achetais, j’ai commencé à boycotter les OGM et les produits contenant de l’huile de palme, j’ai arrêté de faire les soldes et d’acheter de la fast-fashion, je me suis mis à fréquenter les magasins bio, à limiter ma production de déchets en optant pour des produits sans emballages si possible, et je n’ai plus mis les pieds dans aucun fast food – excepté les rares soirées où mes amis réussissaient à m’y traîner… Bref, j’ai commencé à devenir écolo.

Si ces changements n’ont pas eu de grande incidence sur mes habitudes alimentaires – j’ai toujours aimé ce qui était gras et je n’avais de toutes façons pas les moyens de consommer à 100 % bio – cela a fortement impacté ma façon de voir les choses. Il m’était impossible de faire le moindre achat sans penser à la rémunération touchée par les producteurs du produit, aux esclaves qui l’avaient potentiellement fabriqué, à la distance qu’il avait parcouru avant d’arriver en rayons et aux hectares de forêt qui avaient pu être rasés pour que j’en bénéficie. J’étais convaincu depuis longtemps que les élites à la tête des grandes industries (et les politiciens qui maintiennent leur pouvoir en place) étaient avant tout animés par l’avarice, prêts à duper le grand public au bénéfice de leurs intérêts privés. Mes études en communication m’avaient aussi appris que la manipulation des masses était un métier, et la télévision un outil propice à cet usage. J’ai soudainement compris que les industriels n’avaient de pouvoir qu’à condition que l’on continue d’acheter leur produit, sans remettre en question le système. J’étais donc devenu plus lucide sur les conséquences de mes choix de consommation.

Contrairement à la vision fataliste que j’avais dans le passé, je savais qu’il était possible de vivre mon quotidien en accord avec mes convictions, et ce sans forcément chambouler mes habitudes de vie. Cette prise de conscience a sans aucun doute été le premier pas dans ma transition vers le véganisme. À ce stade, je n’avais pas l’intention de devenir végane. Je cherchais simplement à avoir un mode de vie plus éthique, plus en accord avec mes valeurs.

Puis, Cheyma est devenue ma collègue et nous avons pris l’habitude de cuisiner et déjeuner ensemble. J’étais ravi de découvrir que l’on pouvait cuisiner des burgers et des pizzas véganes tout aussi délicieux que leurs homologues carnés. Je n’adoptais pas ces recettes chez moi, mais cela m’ouvrait de nouveaux horizons sur ce qui pouvait composer mon assiette. La plupart du temps Cheyma et moi mangions le même plat, je me contentais de rajouter de la viande ou du fromage si j’en avais envie. Avec le temps, ces ajouts sont devenus de plus en plus rares. J’ai découvert de nouvelles saveurs et j’ai appris à aimer les légumes que j’intégrais très difficilement dans mes repas auparavant. En m’habituant à ces saveurs, j’ai réalisé que la viande n’était vraiment pas indispensable pour se faire plaisir. À force de discussions sur l’élevage et la production des produits carnés qui inondent nos supermarchés, je me suis mis à culpabiliser de plus en plus lorsque j’en mangeais.

Cette culpabilité a été renforcée lorsque j’ai visionné une courte vidéo sur le stand de l’association L214 lors d’une Vegan Place à Paris : j’y ai découvert en quelques images comment les animaux d’élevage étaient traités.

Ce que j’ai vu dans la vidéo de L214 :

Comment les bébés étaient séparés de leur mère dès la naissance, comment ils étaient choisis et utilisés selon leur sexe ou leur génétique, comment ils étaient exterminés s’ils n’avaient pas d’« utilité » selon la logique productiviste, comment ils passaient leur vie en cages et manipulés par tout un tas de machines, comment ils étaient entassés les uns sur les autres et forcés à vivre dans leurs déchets, proliférant ainsi un cercle vicieux de maladies auxquelles les éleveurs pallient en les gavant d’antibiotiques, comment ils étaient gavés aux mêmes graines toute leur vie pour obtenir une taille « suffisante » le plus vite possible, comment leur vie était écourtée à quelques années afin que l’on puisse en tirer un maximum de bénéfices.
Si vous souhaitez en savoir plus sur le sort des animaux d’élevage, je vous invite à consulter la chaîne YouTube de l’association L214 – attention, images difficiles…

J’y ai vu leur souffrance, ce qui m’a fortement dégoûté sur le coup mais a eu tendance à s’atténuer par la suite. Cependant les images ont fait leur bout de chemin dans ma tête et j’ai commencé à envisager de devenir végétarien. Si j’avais déjà bien réduit ma consommation, je continuais cependant à en consommer par facilité ou faiblesse face aux tentations des restaurants ou supermarchés.

Le documentaire qui m’a fait devenir végétarien : Food Inc

J’ai eu un déclic en visionnant le documentaire « Food Inc » sur Netflix. J’avais toujours refusé de visionner des images trop éprouvantes (tels que le célèbre documentaire Earthlings), mais la bande annonce de Food Inc m’avait laissé entrevoir un film plus axé sur les dérives de l’industrie que sur la torture d’animaux. En une heure et demi, l’assemblage s’est fait dans ma tête : je ne voulais pas participer à ce traitement fait aux animaux et à cette mascarade industrielle. J’ai compris la dimension première du mot « viande » que je considérais à tort comme de la nourriture mais qui signifie en réalité « cadavre ». J’ai compris qu’il était malsain de considérer les animaux comme une « matière première » et j’ai décidé de ne plus acheter leurs cadavres pour me nourrir.

J’ai continué à en manger occasionnellement, en famille ou au restaurant si aucun choix végétarien ne m’attirait, puis c’est devenu de plus en plus rare. Par contre, je n’avais toujours pas renoncé aux produits laitiers : ayant toujours été un grand fan de fromage, il m’était difficile de les jeter aux oubliettes. Je n’imaginais pas non plus quelles alternatives m’auraient permis de pimper mon assiette autrement.

Cheyma m’avait déjà convaincu que le lait était mauvais pour la santé mais mon plaisir à en consommer pesait trop fort dans la balance. Un de ses arguments m’a fait réaliser la problématique éthique qui en résultait : les vaches ont besoin d’être enceintes pour pouvoir produire du lait. Les vaches à lait sont donc inséminées en continu et développent des lésions au niveau de leurs mamelons à force d’être traies à longueur d’année, ce qui contamine le lait qu’elles produisent. Je trouvais ça répugnant, mais je n’étais pas encore prêt à tout arrêter – sans même parler de la séparation des mères et de leurs petits ou de la sélection génétique qui permet de choisir les espèces « laitières » . C’est un effort qui me paraissait « trop dur », et je n’étais pas prêt à y renoncer. Je n’avais par ailleurs pas fait la démarche de véritablement m’informer sur ce sujet, et m’étais contenté des quelques discussions que j’avais pu avoir avec Cheyma sans creuser au-delà. De fait, je pensais naïvement que la souffrance animale liée aux produits laitiers était « minime », moins importante que celle de la viande. Je me rassurais aussi en me disant que « l’on n’était pas obligé de tuer » pour le lait.

Le manque d’accessibilité de l’offre végane était une autre bonne excuse pour justifier mes réticences : j’étais prêt à remplacer tous mes produits laitiers par des simili végétaux avec grand plaisir, mais je n’avais pas accès à ces produits près de chez moi. C’est un frein « classique » qui bloque beaucoup de végétarien-ne-s dans la transition vers le véganisme… À ce stade, c’est réellement le manque d’information qui me faisait considérer le végétarisme comme « acceptable ». J’étais déjà fier de mes progrès, et je ne réalisais pas à quel point tout ce qui m’avait dégoutté dans l’industrie de la viande (animaux terrestres et marins) était reproduit par l’industrie laitière. J’avais l’impression que mes efforts évitaient l’essentiel de ces injustices, ignorant qu’en réalité la maltraitance et la souffrance animale était la même.

Le documentaire qui m’a fait devenir végane : Cowspiracy

Puis, j’ai fini par regarder « Cowspiracy », et j’ai alors eu une véritable illumination. Tout est devenu clair dans ma tête : j’ai compris que l’exploitation animale dans sa globalité était un désastre, à tous les niveaux. En tant qu’écolo fraîchement converti, la dimension écologique du problème m’a réellement choqué : j’ai réalisé que certaines ONG qui me paraissaient héroïques dans la lutte contre le réchauffement climatique occultaient trop souvent cette question majeure, et qu’on ne pouvait pas concevoir l’écologie sans remettre en question ces impacts. Certaines images m’ont terriblement marqué : j’ai appris qu’en utilisant nos cultures de céréales pour nourrir du bétail, nous réduisons par 8 notre ratio de nourriture. Or dans la plupart des pays où l’on souffre de la faim, elles sont plus souvent utilisées pour nourrir le bétail que les humain-e-s…

Découvrant cela, j’ai complètement remis en question l’impact de mon mode de vie. Il me paraissait désormais incohérent de faire des efforts pour consommer des produits éthiques et écologiques, si je continuais à cautionner les produits d’origine animale. Cowspiracy m’a permis de réaliser que je ne pouvais pas véritablement être écolo ou humaniste sans être végane. En réalité, mes précédents engagements n’étaient qu’une part infime des torts que j’aurais pu éviter en devenant végane, à la fois aux animaux et aux humains.

Par ailleurs, il m’est apparu comme une évidence que je ne pouvais pas continuer à consommer des produits que je n’aurais pas été capable d’obtenir par moi-même. N’étant pas capable d’abattre un animal pour le manger, exploiter un autre humain pour qu’il fasse ce travaille à ma place m’est tout bonnement apparu comme inconcevable.

J’ai donc cessé d’acheter tout produit issu de l’exploitation animale et suis pratiquement devenu végane dès cet instant, hormis quelques exceptions. Au tout début, il m’était encore difficile de manger à 100 % végétalien en toutes circonstances, notamment au restaurant, entre amis ou en famille. Ce changement récent suscitait toutes sortes de réactions, et certain-e-s de mes proches ont tout d’abord pensé que ce n’était pas vraiment sérieux et continuaient de me proposer viande et fromage à chaque repas. Je n’étais moi-même pas tout à fait à l’aise avec le fait de devoir refuser tous les plats que cuisinait ma mère le dimanche, et de manger un repas différent du reste de la famille… Puis, petit à petit, ces exceptions sont devenues de plus en plus rares.

Le moment où l’on ne se pose plus de questions

Avec le temps, j’ai fini par ne plus être attiré par la viande ou les produits laitiers. En tant que végane, j’ai commencé à multiplier mes sources d’informations sur le sujet et à me rendre compte qu’il m’était tout à fait possible de vivre en refusant toutes les formes d’exploitation animale. La dimension antispéciste a finit par prendre le dessus sur mes « envies » d’ex omnivore, jusqu’à m’en dégoutter complètement. À présent, je ne peux pas m’empêcher d’associer ce type de produits à leurs procédés de production et à toute la souffrance qu’ils entraînent. La multiplication des initiatives véganes qui proposent des produits « simili » m’a également convaincu qu’il était tout à fait absurde de perpétuer ces pratiques alors qu’il nous est possible de faire autrement.

Cette conviction « ferme » s’est faite sur la durée (il s’est passé plus de 6 mois entre le moment j’ai commencé à être végétalien et le moment où je suis devenu complètement végane), au fur et à mesure que je me suis abreuvé d’informations sur le sujet. J’ai compris que les animaux ne sont pas un bien que je peux m’approprier, utiliser et exploiter comme bon me semble, et que ce qui pendant longtemps me paraissait triste mais « normal » était en réalité beaucoup trop cruel pour que l’on puisse passer outre.

Cela fait plusieurs mois que je suis végane, en très bonne santé, et je découvre chaque semaine qu’une personne de mon entourage fait un premier pas vers ce mode de vie – qu’il s’agisse d’un-e proche, d’un-e collègue ou d’un-e ami-e Facebook qui devient végétarien-ne, qui s’intéresse à des livres ou documentaires sur le sujet, ou qui me demande vers quelle marque se tourner pour remplacer tel ou tel produit. Je suis toujours ravi d’apprendre que des gens se mettent à réfléchir à ce sujet : ce premier pas est primordial. C’est le déclencheur qui peut permettre une prise de conscience globale par la suite.

Go Vegan 🙂

Avec du recul, je me rends compte à quel point devenir végane est un choix simple et facile. Si chacun-e a son cheminement individuel vis à vis du véganisme, tous les véganes s’accorderont sur ce point. Cela m’a pris un an, mais ma transition aurait pu être beaucoup plus rapide. Le facteur déterminant, c’est la quantité d’informations que l’on est prêt-e à consulter sur le sujet. À partir du moment où l’on est conscient-e que le mode de vie carniste tolère la cruauté envers les animaux – des êtres sensibles sur lesquels nous n’avons aucun droit de propriété, la suite de la réflexion n’est qu’un déroulement logique. Une fois cette notion acquise – elle l’est naturellement pour la plupart des gens, il tient à chacun-e de se confronter à sa culpabilité en évaluant les conséquences de ses choix personnels.

N’ignorez pas un problème en vous disant que vous « savez déjà », car l’on est bien souvent surpris de découvrir l’ampleur des choses que nous cachent les industriels… Il y a une énorme différence entre « savoir » vaguement et être pleinement conscient-e des implications de ce que nous consommons. Les documentaires sont selon moi un très bon moyen de se sensibiliser au problème. L’impact des images est très efficace, en revanche il reste éphémère si l’on ne prend pas le temps d’y réfléchir face à nos choix quotidiens. Éveillez-vous vis à vis de ces problématiques, échangez, partagez vos découvertes… C’est une quête à l’information nécessaire pour déconstruire l’idée de « normalité » qui domine – pour l’instant – notre société.

Si vous n’êtes pas végane mais que vous êtes préoccupé-e-s par l’impact qu’a votre consommation sur les humain-e-s, les animaux et la planète : continuez à vous informer ! Tendez au mieux, tâchez de faire vos choix en connaissance de cause et ne renoncez pas à vous faire plaisir, posez-vous simplement des questions. Vous réaliserez sans doute que certaines habitudes sont en contradiction avec vos valeurs profondes, mais n’essayez pas de devenir parfait-e du jour au lendemain. Devenir végane n’est pas un choix arrêté qui doit se faire d’un seul coup, c’est une prise de conscience personnelle qui dépend de votre sensibilité et des efforts que vous êtes prêt-e-s à faire. Gardez en tête que le véganisme n’est pas une contrainte : il s’agit de quelques ajustements à faire dans votre quotidien pour changer certaines habitudes. Vous saurez quand vous serez prêt-e-s à changer, et ces expériences vous permettront d’acquérir l’assurance nécessaire à de nouveaux changements, à de nouvelles remises en question. Si cela peut paraître énorme au début, vous réaliserez vite qu’il n’y a vraiment rien d’insurmontable. Cet exercice est avant tout psychologique.

Je n’étais pas le genre de personne que l’on imaginait devenir végane (je n’appréciais pas vraiment les légumes). Pourtant, le végétalisme m’a permis de (re)découvrir tout un tas de goûts et produits auxquels je n’étais pas familier qui sont devenus depuis des incontournables dans ma cuisine. Le tout est de prendre de nouvelles habitudes, plus diversifiées, et d’apprendre à connaître les aliments qui vous plaisent pour continuer à vous faire plaisir.

Quelques ressources pour s’informer et avancer vers le véganisme

Puisque j’ai moi-même mis beaucoup de temps avant d’arriver à vivre en accord total avec mes convictions, j’ai décidé de partager avec vous les ressources qui m’ont permis de réfléchir et d’avancer dans ma transition. Je sais à quel point les bonnes informations peuvent être précieuses pour mener à bien une remise en question aussi profonde, aussi je pense que ces pistes de réflexion pourrons vous aider à y voir plus clair :

Les témoignages de Natasha sur le blog Echos Verts : notamment deux articles qui ont joué un rôle très significatif dans ma transition. « Le jour où j’ai arrêté de manger des animaux » m’a permis de découvrir les raisons qui l’ont poussée à devenir végétarienne puis végétalienne, des réflexions qui m’ont beaucoup inspiré. « Pourquoi je ne mange presque plus de produits laitiers » aborde quant à lui la problématique de la « perfection » dans le véganisme (qui n’en est pas une en réalité) et la question des « contradictions » qui peuvent se poser chez les personnes en transition.

Les vidéos « Bonjour je suis végan » : une série de questions/réponses entre un omnivore et un végane qui répond à un grand nombre de questions récurrentes autour du véganisme. Un must-see !

En anglais : « Veganism is about evolution ». Un face caméra de quelques minutes qui explique parfaitement en quoi le mode de vie végane représente une évolution logique de notre société vers plus de compassion et de bienveillance.

Et pour terminer sur une note gourmande : les recettes 100 % végétales de Season Square, un blog qui vulgarise des recettes aussi INCONTOURNABLES que le fromage à pizza, le seitan maison ou les muffins aux pommesparce que ça fait zizir. 😉

Aller plus loin avec Aujourd’hui Demain ?

Si cet article vous a plu, il est probable que la suite vous intéresse aussi ! Nous allons continuer d’alimenter ce blog avec toutes sortes de réflexions autour du véganisme, des guides & conseils, des tests, des recettes… Vous pouvez d’ailleurs d’ors et déjà découvrir le témoignage de Cheyma dont j’ai beaucoup parlé dans cet article. Sa transition a été radicale : elle est devenue végane en une nuit seulement ! 😉

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Raphaël Francisco

Hello, moi c'est Raphaël, un végane très curieux à l’affût des initiatives positives qui nous inspirent à faire des choix de vie plus conscients. J'ai créé Aujourd'hui Demain pour promouvoir le véganisme et montrer que ce mode de vie bienveillant est accessible à tous !

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Commentaires (4)

  1. Pauline
    Avr 24, 2016

    Bravo pour cet article qui en plus d’être très bien écrit est bienveillant et complet. Quel beau parcours 🙂
    Je vous suivais de loin je vais tâcher de vous suivre de plus près dorénavant.
    Bravo et j’espère très fort que vous allez rencontrer un grand succès avec aujourd’hui demain.

    • Aujourd'hui Demain
      Aujourd'hui Demain
      Avr 25, 2016

      Bonjour Pauline ! Merci beaucoup pour ce petit message, je suis vraiment ravi que vous ayez apprécié mon témoignage. Il y aura de nouveaux articles très bientôt ! 🙂
      Raphaël

  2. Biotiful Seasons
    Avr 23, 2016

    Je suis ravie de vous découvrir à travers cet article. Raphaël, je trouve ton témoignage vraiment très bien expliqué et je me retrouve dans beaucoup de choses que tu évoques. Je suis moi-même en voie vers le véganisme (à vrai dire, aujourd’hui seuls les produits de la ruche restent un « frein » pour moi), et je suis complètement d’accord avec toi quand tu dis que c’est vraiment la quantité d’informations qui fait la différence (d’ailleurs, ça me fais me rendre compte que je n’ai pas encore assez cherché par rapport au miel…). Et quel plaisir de voir que ce mode de vie tellement plus logique et respectueux de tous se répand de plus en plus autour de nous… Merci pour cet article, au plaisir de vous découvrir à travers ce blog 😉 Julie

    • Aujourd'hui Demain
      Aujourd'hui Demain
      Avr 24, 2016

      Bonjour Julie !
      Merci beaucoup, ton message me fait chaud au cœur ! D’autant plus que c’est le tout premier commentaire sur ce blog… la joie ! 🙂
      Je suis vraiment ravi que tu te sois reconnue dans mon témoignage, c’est justement pour ça que j’ai décidé de le partager, en espérant qu’il permettra à beaucoup de se dire que « c’est possible » et qu’en réalité il n’y a rien d’insurmontable à devenir végane, au contraire. Concernant les produits de la ruche, j’ai effectivement mis pas mal de temps également avant de me renseigner sur le sujet. Il y a une vidéo que je trouve très révélatrice à ce sujet, je te la conseille même si les images ne sont pas des plus agréables… c’est ici : https://www.facebook.com/SantuarioGaia/videos/1114931511890717/
      Au plaisir d’échanger à nouveau avec toi, ici ou sur les réseaux sociaux !
      Belle journée,
      Raphaël

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